L’aromathérapie : que dit la science ?

Les huiles essentielles. Leur utilisation connaît une hausse fulgurante ces dernières années. En effet, les français tendent aujourd’hui à se tourner vers une médecine alternative, plus naturelle, pour soulager de nombreux maux. D’où l’intérêt accru envers l’aromathérapie. Mais est-ce que cette méthode de traitement est réellement efficace ? Une recherche en aromathérapie a-t-elle démontré scientifiquement la véracité des bienfaits des huiles essentielles ? L’aromathérapie : que dit la science ? Aroma Forest fait le point.    

A propos de l’aromathérapie

Étymologiquement parlant, « aromathérapie » est composée de 2 termes : « aroma » et « thérapie ». Ce n’est donc pas étonnant si la compréhension de certains sur cette pratique se limite à la diffusion d’odeurs agréables… dans un but purement récréatif. Mais il n’en est rien. Après tout, la présence du suffixe « thérapie » sous-entend bel et bien une procédure de soins plus ou moins complexes.

Définition de l’« aromathérapie »

Sans entrer dans les détails, l’aromathérapie se définit comme l’utilisation des propriétés médicinales des huiles essentielles à des fins thérapeutiques. Elle peut être considérée comme une médecine alternative reposant sur l’exploitation des composés aromatiques des plantes à des finalités :

  • Préventives : pour réduire les risques qu’une maladie ou une affection ne se développe
  • Curatives : pour soulager certains maux et/ou troubles
  • De bien-être : pour se relaxer, se détendre et se sentir bien dans son corps

En aromathérapie, les huiles essentielles peuvent être administrées de plusieurs manières. En revanche, il est impératif de suivre à la lettre les précautions et modes d’emploi. Le cas échéant, des effets secondaires indésirables sont susceptibles de survenir :

  • Par voie orale (ingestion)
  • Par voie cutanée (application sur la peau, massage topique)
  • Par diffusion ou vaporisation atmosphérique

Histoire de l’aromathérapie

A dire vrai, les hommes se sont toujours servis des plantes médicinales pour soulager, voire guérir leurs maux. En ce sens, les thérapeutes « modernes » continuent de tenir ces dernières en haute estime. Pour en revenir à l’aromathérapie proprement dite, son histoire peut se résumer en 3 grandes époques.

  • La phyto-aromathérapie : il s’agit en quelque sorte de l’ancêtre de la médecine et de la pharmacologie moderne. En l’an 40 000 avant J-C, les peuples aborigènes australiens utilisaient déjà les plantes aromatiques sous forme de décoctions, d’infusion ou de cataplasmes. Il faut bien avouer que cette médecine traditionnelle a démontré une certaine efficacité dans le traitement de certains maux à travers les âges.
  • La phytothérapie : à partir de la fin dix-huitième siècle, début dix-neuvième siècle, l’industrie pharmaceutique se développe. Les scientifiques se lancent dans des recherches plus poussées sur l’extraction des substances aromatiques des plantes. C’est la naissance du concept d’huile essentielle en tant que médecine alternative.
  • L’aromathérapie : Le terme « aromathérapie » apparaît pour la première en 1928, dans le laboratoire du français René-Maurice Gattefossé. En effet, ce biochimiste renommé a découvert par hasard le pouvoir des huiles essentielles. A la suite d’une explosion dans son laboratoire, il trempe accidentellement sa main blessée dans un bassine d’huile essentielle de lavande… Surprise : la douleur s’estompe quasi immédiatement. Le processus de guérison s’en voit également accéléré. Dès lors, des recherche en aromathérapie sont menées pour comprendre les propriétés médicinales des huiles essentielles.

L’aromathérapie scientifique

C’est certes R.M. Gattefossé qui pose les bases de l’aromathérapie scientifique en publiant son ouvrage « Aromathérapie » en 1931. Il démontre alors les relations entre les structures et les composants des molécules aromatiques. Néanmoins, c’est Jean Valnet qui se chargea plus tard de vulgariser vulgarisa l’extraordinaire puissance curative des huiles essentielles. 

Son travail promeut ainsi un regain d’intérêt pour cette science. Dès lors, des recherches en aromathérapie sont renforcées. Les activités chimiques, biochimiques, thérapeutiques et électroniques qui interviennent dans les composants des huiles essentielles sont peu à peu dévoilées. Enfin, les propriétés médicinales des huiles essentielles sont prouvées empiriquement.

A propos de l’huile essentielle

Comme nous l’avons précédemment expliqué, l’aromathérapie exploite les propriétés médicinales des huiles essentielles pour soulager différents troubles. Il va donc de soi que nous devons d’abord parler de ces huiles essentielles avant d’apporter des preuves de l’efficacité de l’aromathérapie.

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

L’huile essentielle se définit comme une essence volatile et hautement active se présentant sous forme de liquide. C’est une substance odorante, extraite à partir de parties spécifiques d’une plante aromatique (fleurs, feuilles, graines ou fruits, rhizome, écorce, résine, etc.). Notez que cette dernière est entièrement dénuée de corps gras malgré son appellation d’ « huile » et son toucher gras. Pourtant, elle se révèle insoluble dans l’eau.

Pour reprendre le dictionnaire de Vidal : « Utilisant les huiles essentielles et les essences aromatiques, l’aromathérapie est une branche de la phytothérapie. Elle se divise en deux écoles : l’aromathérapie médicale, qui préconise l’absorption d’huiles essentielles par voie orale ou rectale, et l’aromathérapie grand public qui utilise l’application d’huiles essentielles sur la peau (massages, bains) ou en diffusion dans l’air ambiant (brûle-parfum, inhalation). »

Propriétés médicinales des huiles essentielles

La structure chimique des huiles essentielles comprend différentes molécules complexes comme les terpènes, phénols, coumarines, cétones, esters… Grâce à leurs diverses propriétés médicinales, elles présentent de multiples vertus et bienfaits pour la santé.

  • Antalgiques
  • Antibactériennes
  • Antifongiques
  • Anti-inflammatoires
  • Antispasmodiques
  • Antivirales
  • Calmantes
  • Cicatrisantes
  • Détoxifiantes
  • Diurétiques
  • Immunostimulantes
  • Sédatives

Gardez toutefois à l’esprit que de nombreux facteurs affectent la qualité des huiles essentielles. Il s’agit notamment de l’origine de la plante aromatique, leur mode de culture, procédés d’extraction, etc. En tout cas, nous vous recommandons d’opter pour les huiles essentielles chémotypées, aux profils chimiques définies. Après tout, deux huiles essentielles issues de la même variété de plante sont susceptibles de présenter des chémotypes différents. En ce sens, leurs bienfaits et utilisations diffèrent aussi.

Les bienfaits des huiles essentielles prouvés scientifiquement

Il faut l’avouer, comparée aux recherches médicales et pharmaceutiques contemporaines, la recherche en aromathérapie reste quelque peu modeste. Néanmoins, de plus en plus de parutions tendent à en prouver scientifiquement l’efficacité dans le cadre d’une application thérapeutique.

Action anti-stress, anxiolytique et antidépresseur

Les principes actifs des huiles essentielles sont en mesure de modifier l’humeur ainsi que les fonctions cognitives de l’être humain. Leurs potentiels thérapeutiques sont alors révélés dans les cas suivants :

  • En 2000 : les preuves de l’efficacité de l’aromathérapie dans la réduction à court termes de l’anxiété sont publiées dans une revue systématique. Par la suite, d’autres études cliniques aboutissent aux mêmes conclusions. Le recours aux huiles essentielles favorise effectivement la réduction du stress et de l’anxiété. Ces dernières contribuent ainsi à améliorer l’humeur. 
  • En 2008 : les propriétés médicinales des huiles essentielles de lavande sont établies à la suite d’une étude clinique. En effet, on constate une amélioration de l’humeur (réduction de l’agitation et les symptômes neuropsychiatriques) des patients atteints de démence modérée à grave.

Amélioration du sommeil

En 2005, plusieurs études montrent que l’huile essentielle de lavande favorise le sommeil profond. En mesurant les ondes cérébrales des sujets lors de l’expérience, les scientifiques ont constaté une hausse du pourcentage sommeil lent et profond. Par contre, le sommeil paradoxal a tendance à régresser. 

Réduction de l’hypertension artérielle

Les recherche en aromathérapie d’un groupe de chercheurs d’un hôpital universitaire tendent également à démontrer les propriétés médicinales des huiles essentielles. Cette fois-ci, leurs conclusions portent sur l’effet positif de cette médecine alternative sur l’hypertension artérielle.

Leur expérience porte sur une synergie des huiles essentielles suivantes : lavande vraie, marjolaine, Ylang-Ylang, orange amère et néroli. Diluées dans de l’huile d’amande douce et de jojoba concentrée, des dernières sont utilisées en tant qu’huile de massage. Résultat : la qualité du sommeil du groupe expérimental s’améliore et leur pression artérielle diminue.  

Action anti-microbienne

Si vous surfez sur le web, vous trouverez une impressionnante bibliographie sur les propriétés antimicrobiennes des huiles essentielles. Ainsi, les preuves de l’efficacité de l’aromathérapie sur les souches bactériennes résistantes ne manquent pas. Cette pratique peut donc être préconisée pour accompagner le traitement de l’infection urinaire, par exemple.

Amélioration globale de la santé des femmes

Une revue systématique de la littérature scientifique publiée en 2010 apporte de nouvelles preuves de l’efficacité de l’aromathérapie. Les auteurs de l’ouvrage concluent que les propriétés médicinales des huiles essentielles contribuent à améliorer la santé des femmes. Ces dernières agissant sur les :

  • Syndrome prémenstruel
  • Infections vaginales
  • Cystites

Réduction des effets secondaires de la radiothérapie (traitement anti-cancer en milieu hospitalier)

Une étude a été menée sur 20 patientes d’un cancer du sein suite à traitement de radiothérapie. Les médecins ont observé que les patientes utilisant l’huile essentielle de niaouli bénéficient d’une meilleure qualité de vie. En effet, les symptômes des radiodermites diminuent aussi bien en intensité que par leur durée.

Rappelons que la radiodermite désigne l’ensemble des effets secondaires des radiothérapies, provoquées par une irradiation sur la peau. Elle se manifeste par des :

  • Lésions légères ou aiguës avec atrophie de la peau
  • Perte d’élasticité cutanée
  • Dépigmentation, brûlure, zones croûteuses ou cornées

Or, ces effets secondaires exposent potentiellement à des conséquences plus ou moins sévères. Il s’agit notamment d’une cicatrisation longue et difficile ou même du cancer second cutané.

Conclusion

Les bibliographies sur les bienfaits des huiles essentielles prouvés scientifiquement ne cessent d’augmenter de volume ces dernières années. Vous y retrouverez notamment des études sur l’efficacité de l’aromathérapie contre certains troubles et affections dont le/la/les :

  • Alzheimer
  • Pelade-alopécie
  • Eczéma
  • Infections
  • Maladies respiratoires
  • Nausée postopératoire
  • Arthrite
  • Sclérose en plaques
  • Fibromyalgie
  • Anxiété prénatale
  • Epilepsie

Néanmoins, ces études ne permettent pas encore de tirer des conclusions définitives sur de réels effets bénéfiques dans le traitement de ces cas.